14 novembre 2016. #COP22 : Sommet des élus locaux et régionaux pour le Climat de Marrakech, discours de Ronan Dantec

Ronan Sommet mondial des elus loacaux
 
Monsieur le Représentant du Gouvernement marocain,
Cher Driss El Yazami,
Mesdames et Messieurs les présidents des réseaux internationaux et nationaux,
Mesdames et Messieurs les élus de toute la planète,
 
C’est une grand honneur pour moi d’intervenir dans cette session, avec la présentation de la déclaration des acteurs non-étatiques adoptée à Nantes lors du Sommet Climate Chance il y a tout juste quelques semaines en présence de certains d’entre-vous.

Cette déclaration est à ce jour la plus largement signée de l’histoire des négociations sur le climat.

Elle est signée par tous les réseaux mondiaux de collectivités mais aussi par les organisations les plus représentatives des autres acteurs non-étatiques reconnues par l’ONU : femmes, jeunes, ONG, peuples autochtones, entreprises et syndicats.

Cette déclaration rappelle d’abord notre engagement à agir. Je rappelle notamment que lors du sommet mondial Climat et Territoires à Lyon en juillet 2015, les engagements pris individuellement par les collectivités du monde, représentant 13 % de la population mondiale, correspondait à l’économie de 2 gigatonnes de CO2 ce qui veut dire que si nous réussissons à généraliser cet engagement à l’ensemble des territoires de la planète nous nous inscrirons dans un scenario de réduction d’émissions crédible, correspondant aux demandes du GIEC, de la communauté scientifique internationale, pour réussir à stabiliser le climat.

J’insisterai sur 3 points essentiels dans cette déclaration, que nous tenons évidemment à votre disposition.

Tout d’abord, nous réaffirmons que nous ne pouvons pas agir réellement contre le changement climatique si nous ne répondons pas aussi aux enjeux du développement. Avec l’adoption des ODD en septembre 2015 à New York, de l’Accord sur le Climat à Paris en décembre et du nouvel Agenda Urbain à Quito il y a quelques jours, il nous faut maintenant les faire vivre ensemble, ce qui nécessite une approche systémique de l’avenir de nos territoires, de nouveaux agenda 21 locaux en croisant les enjeux économiques, environnement et sociaux.

Très concrètement, nous avons proposé à Nantes, à travers une coalition internationale spécifique sur le sujet, que les fonds internationaux climatiques, comme le fonds vert, financent prioritairement les politiques de planification territoriale qui croisent tous les enjeux, un financement modeste mais un retour sur investissement très supérieur par rapport à bien d’autres investissements plus importants, tant pour réduire les émissions de CO2 que pour adapter le territoire aux risques.

Nous considérons ensuite que l’accès facilité des acteurs non-étatiques aux finances climat doit être une priorité. Il nous faut à la fois mobiliser des fonds suffisants, et sur ce point nous devons encore nous battre pour que les engagements de Copenhague soient respectés, mais il nous faut aussi que l’ argent soit investi au bon endroit. L’accès des collectivités aux fonds proposés par les banques et les bailleurs internationaux sont pour nous une priorité absolue, et plus largement, ce sont tous les acteurs non-étatiques, entreprises, ONG, associations de femmes et de jeunes qui doivent pouvoir bénéficier de ces fonds, parfois pour des montants modiques, qui intéressent peu les grandes argentiers de ce monde, mais qui sont pourtant souvent les financements les plus utiles et efficaces.

Enfin cette déclaration s’inscrit dans le calendrier adopté lors de l’Accord de Paris. Si la communauté internationale s’est fixé un objectif précis : limité le réchauffement sous les 2°C, avec en perspectives le 1,5°C, nous savons aussi que les engagements des États sont insuffisants aujourd’hui pour tenir cet objectif. Les milliers d’acteurs non-étatiques réunis à Nantes ont donc rappelé leur volonté de faire des propositions aux États pour les aider à améliorer leurs contributions volontaires. Pour les formuler, nous nous appuyons aujourd’hui sur le travail des coalitions thématiques et des alliances d’acteurs du Global Climat Agenda, l’agenda de l’Action, qui fédèrent à l’échelle mondiale la quasi totalité des acteurs. Cet Agenda a été un temps fort de la COP de Paris et est aujourd’hui très présent dans le programme de la COP22, ce pour quoi nous devons chaleureusement féliciter et remercier le gouvernement marocain.

A Nantes, la dynamique «Climat Chance» a rassemblé pas moins de 17 coalitions thématiques, sur les grands secteurs d’activité et d’émissions de CO2 : transports, énergie, construction mais aussi sur des enjeux transversaux sans lesquels nous ne pourrons pas y arriver, en particulier l’éducation ou la culture. Ces propositions doivent se fonder sur notre capacité à développer rapidement des actions fortes et mesurables dans les territoires. Nous devons nous attacher en priorité à leur développement et je retiens les paroles fortes des présidents des associations de collectivités territoriales marocaines sur la mobilisation des autorités locales sur pays. Pour créer cette dynamique nous devons renforcer nos coopérations, échanges nos meilleures pratiques, comprendre nos difficultés. La coopération décentralisée Sud/Sud, Sud/Nord, sont ici très importantes et nous avons aussi renforcé à Nantes une large coalitions des acteurs non-étatiques autour de la coopération décentralisée et j’en salue les animateurs présents ici.

Mesdames et Messieurs, l’Accord de Paris a suscité un grand espoir dans la capacité de la communauté internationale à répondre à ce défi majeur pour notre avenir à tous. Nous savons malheureusement que des menaces nouvelles sont apparues qui fragilisent son application.
Mesdames et Messieurs, se ne sont plus les textes et les mots mais bien les actions dans nos territoires qui empêcheront le retour en arrière. C’est notre responsabilité et nous sommes ici rassemblés pour l’affirmer tous ensemble, pour affirmer notre volonté d’agir à la hauteur du premier enjeu du XXIe siècle.

Je vous remercie.

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