4 décembre 2015. #COP21. La Gazette des communes. Climat : Entre 3 et 2 degrés, les autorités locales combleront le fossé

Au vu de la copie qu’ils ont remise en amont de la conférence climat, les Etats ne sauraient se passer de l’appui des territoires pour contenir le réchauffement sous les 2°C en 2100 (par rapport à 1880). Dans l’accord final du 11 décembre, les autorités locales veulent être reconnues comme actrices à part entière de la lutte contre le dérèglement.

Par Laurence Madoui. En ligne ici

« Insupportable ». Alors que l’objectif de la COP21 est de contenir le réchauffement global sous la barre des 2°C d’ici 2100 (1), « les contributions volontaires des Etats mettent le monde sur la trajectoire des 3°C, une perspective insupportable », alerte Ronan Dantec.

Pour le porte-parole de Cités et gouvernements locaux unis sur le climat, « il faut aller non vers les 2°C mais les 1,5°C, comme cela fut dit à la conférence de Cancun (2010) ».

Le sénateur (EE-LV, Loire-Atlantique) a présidé, le 2 décembre au Bourget, à l’adoption d’une déclaration des acteurs non étatiques (2), qui invite « les Etats à revoir à la hausse leurs contributions dès que possible ». Le texte se situe dans le prolongement de la déclaration de Lyon de juillet 2015, qui avait recueilli « un nombre record de signatures d’acteurs non étatiques dans l’histoire des négociations climat ».

Du terrain au sommet

A l’issue du sommet « Climat et territoires », les réseaux mondiaux de collectivités s’engageaient à réduire de 1,5 milliard de tonnes d’ici 2020 les émissions de gaz à effet de serre. « C’est l’équivalent de ce qu’a réalisé l’Union européenne de 1990 à 2012 », compare Gino Van Begin, secrétaire général du réseau ICLEI (International Council for Local Environmental Initiatives, rebaptisé Local Governments for Sustainability en 2003)

« Aucun Etat n’atteindra ses propres engagements sans la mobilisation des acteurs non étatiques et sans approche territoriale, déclare Ronan Dantec. Le texte final doit ouvrir la gouvernance du climat à ces acteurs : c’est ce sur quoi portera notre lobbying dans les prochains jours. Nos initiatives, qui seront soumises à évaluation régulière, renforceront la crédibilité des engagements des Etats. »

Des villes impliquées

Pour Gino Van Begin, « l’accord aujourd’hui sur la table est très frustrant. Les Etats ont très clairement besoin d’engagements au niveau infra-étatique, où se trouvent des compétences, des technologies, des budgets. Le sommet de Lyon a montré la consistance des actions de terrain. »

Puisque « l’accord issu de la COP 21 ne sera assez performant pour assurer les 2°C, les villes prendront leur part pour combler le fossé, assure Patrick Klugman, adjoint aux relations internationales à la maire de Paris. Les collectivités locales sont coproductrices de solutions dans les négociations onusiennes. Quelque chose change. Ce que l’on fait va, à l’évidence, marquer les négociations climat et les relations internationales. »

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