Vous trouverez ci-dessous l'article du parisien "Encore une hausse des tarifs des autoroutes" dans lequel Ronan Dantec dénonce le retour sur investissement délirant des sociétés d'autoroutes.

Egalement en téléchargement le rapport sur les transports routiers pour lequel Ronan Dantec était rapporteur dans le cadre du projet de loi de finances 2013

Par Olivier Baccuzat et Boris Cassel | Publié le 05.12.2012 (Directement sur le site )

L'Etat a validé un relèvement du prix des péages l'an prochain. En l'espace de cinq ans, les tarifs ont progressé de 11 %, permettant aux sociétés d'autoroutes d'encaisser de juteux bénéfices.

Chaque fois que les Français partent en vacances, c'est la même rengaine : jamais les péages autoroutiers n'ont coûté aussi cher. Une vérité que les automobilistes vont encore vérifier durant les congés de Noël et plus encore lors des vacances de février. Après une hausse moyenne de 2,6% cette année, les tarifs des autoroutes vont progresser une nouvelle fois l'an prochain.
De combien? De 1,18% à 2,24% selon nos informations.

Une mauvaise nouvelle pour les automobilistes? Sans doute. Mais pour les sociétés d'autoroutes, ces chiffres, au contraire, sont synonymes de juteux profits. D'autant que la fréquentation de nos « chères » voies rapides n'a jamais été aussi importante. Certes, notre réseau autoroutier — plutôt de bonne qualité par rapport à celui de nos voisins — contribue grandement à diminuer le nombre de morts sur les routes (- 43% depuis 2002). Il n'empêche, en période de crise, la pilule risque d'être dure à avaler, redoutent des associations d'usagers.

Ces chiffres, surtout, ne vont pas manquer de relancer une énième polémique sur les privatisations menées pendant la dernière décennie des sociétés gérant et entretenant plus de 8000 km d'autoroutes. L'Etat a-t-il fait un cadeau en or au secteur privé? Sept ans après la vente des trois grandes principales entreprises du secteur (ASF, APRR et Sanef) à plusieurs grands groupes du BTP pour 15 Mds€, la question est à nouveau posée. Au vu de leur rentabilité, l'Etat a bradé son patrimoine, estime le sénateur écologiste Ronan Dantec. « On se rend compte qu'il fallait vendre deux fois plus cher ces sociétés. Le retour sur investissement des groupes qui ont racheté ces sociétés est complètement délirant », s'insurge l'élu. « Ce raisonnement ne tient pas », réfute Hervé Mariton, député UMP de la Drôme. Pour lui, à l'époque, tout a été fait dans la transparence. Surtout, « l'Etat a récupéré plus d'argent que ce que laissaient présager les estimations ». De l'argent qui lui a permis d'investir et de se désendetter. S'il avait conservé la mainmise sur les sociétés d'autoroutes, l'Etat aurait-il été plus doux sur les tarifs des péages? Rien n'est moins sûr.