La première année du gouvernement Ayrault n'a pas été folichonne pour les idées écologistes. Mais les Verts veulent garder espoir. Philippe Martin, le ministre de l'écologie, est venu les rassurer.

Article de ouest-France dans le cadre des journées d'été à Marseille : À Marseille, les Verts s'accrochent au pouvoir

Marseille.De notre envoyé spécial

En se retrouvant, hier après-midi, aux journées d'été d'Europe Écologie-Les Verts (EELV), à l'université Saint-Charles de Marseille, ils ont failli renverser la table près de la buvette. On dirait bien que le courant passe entre la verte Cécile Duflot, ministre de l'Égalité des territoires et du Logement, et le socialiste Philippe Martin, le tout nouveau ministre de l'Écologie, qui remplace depuis début juillet Delphine Batho.

« On s'entend bien, on travaille bien avec lui, confirme le Nantais François de Rugy, coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale. On apprécie un certain nombre de ses prises de position, plus franches, plus claires, qui se font plus entendre que par le passé. » Il y a quelques jours, les deux ministres verts, Cécile Duflot et Pascal Canfin, ont signé un appel commun en faveur de la transition écologique avec les socialistes Philippe Martin et Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture. « Signe fort » ?

« L'attelage doit tenir »

Élisabeth, une militante aguerrie, écologiste depuis une quarantaine d'années, reste prudente : « Nos élus font ce qu'ils peuvent. Mais peut-être faudra-t-il élever le ton un peu plus. Sans insulter nos partenaires socialistes. » L'heure n'est plus, semble-t-il, à discuter de la présence verte dans le gouvernement. « Même si on a parfois envie de claquer la porte, l'attelage avec le PS doit tenir, estime Gérald, un sympathisant écologiste. Pas de politique de la chaise vide. »

L'an I du quinquennat Hollande a été rugueux pour les socialistes et leurs alliés écologistes. Mais ces derniers se refusent à parler d'année blanche. « On n'a pas avalé de grosses couleuvres, se rassure le sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec. Mais on arrive à un moment où une part d'ambiguïté devra être levée. Les textes sur la transition énergétique, la fiscalité écologique seront à la hauteur ou ne seront pas. Je suis plutôt optimiste. Les messages de Hollande indiquent qu'il veut garder un axe PS-écolo. »

Les deux mois prochains, avec notamment la conférence environnementale des 20 et 21 septembre, seront « déterminants » pour le couple. « Ce n'est pas maintenant, surtout pas maintenant, qu'il faut quitter le gouvernement », insiste François de Rugy. En ouverture des journées, François-Michel Lambert, député EELV des Bouches-du-Rhône, a même poussé le bouchon un peu plus loin en réclamant un troisième ministre Vert. En tout cas, hier soir, lors d'un débat intitulé « L'an 2 du quinquennat, vers le changement de cap ? », les militants écolos ont réservé un accueil chaleureux aux ministres socialistes Philippe Martin et Christiane Taubira. Une façon de dire en creux tout le mal qu'ils pensaient de Manuel Valls, dont les interventions sur le rapprochement familial ont hérissé la famille verte.


Marc PENNEC. Ouest-France