A la suite des diverses annonces faites lors de la conférence environnementale, Ronan Dantec se déclare satisfait des mesures fortes et concrètes annoncées sur l'efficacité énergétique mais relève l'ambiguïté sur le nucléaire. Il salue toutefois la mise à contribution du secteur nucléaire pour financer en partie la transition énergétique annoncée par le Premier ministre, qui annonce une reprise en main de la politique énergétique par l'Etat, notamment face à EDF.

(plus de précisions dans les deux dépêches AFP ci-dessous)

Transition énergétique : les Verts satisfaits que le nucléaire paie

(AFP 21 septembre)

La mise à contribution du secteur nucléaire pour financer en partie la transition énergétique, annoncée samedi par Jean-Marc Ayrault, marque le "retour de l'Etat, notamment face à son opérateur historique" EDF, sur l'énergie, a estimé le sénateur écologiste Ronan Dantec.

"Il y a un risque que ce soit un deal par rapport aux centrales qui seraient prolongées (au-delà de 40 ans), mais c'est un signal fort à EDF sur le fait de dire qu'il n'a plus la main sur la transition énergétique", a-t-il ajouté, après le discours du Premier ministre prononcé en clôture de la conférence environnementale.

M. Ayrault a annoncé que, outre la future taxe carbone, une "partie des gains financiers perçus sur le parc nucléaire existant" permettrait de financer la transition énergétique, sans précisions sur le montant ni la date.

Faire contribuer le nucléaire est aussi "une bonne nouvelle" pour le député Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Denis Baupin. "Je ne sais pas quelle forme ça peut prendre, mais le fait que le nucléaire paie la transition est un juste retour, parce qu'on a tellement payé pour le nucléaire!" s'est-il réjoui.

Greenpeace, en revanche, a estimé que le gouvernement est resté "une nouvelle fois dans le flou". "La transition énergétique ne se fera que si le gouvernement prend ses responsabilités" en fermant "progressivement les réacteurs nucléaires au profit des énergies renouvelables", a estimé l'organisation écologiste.

Malgré l'absence d'une éventuelle hausse de la taxation du diesel, les élus écologistes n'ont pas fait la fine bouche: "Il n'y a pas de déception sur les attentes qu'on n'avait pas... Le gouvernement n'est pas un gouvernement écologiste, donc c'est chaque jour qu'il faut convaincre sur la valeur ajoutée de l'écologie", a expliqué l'eurodéputée EELV Sandrine Bélier.

Beaucoup plus de déceptions en revanche sur ce sujet du côté des ONG.

Pour la Fondation Nicolas Hulot, l'absence du diesel est "incompréhensible". "Globalement, le discours ne nous paraît pas en phase avec les enjeux, avec tout ce qui est sorti des tables rondes" organisées dans le cadre de cette deuxième conférence environnementale, a résumé le porte-parole de cette fondation, Matthieu Orphelin.

France Nature Environnement a pour sa part entendu "un beau discours de belles envolées", mais a demandé "quand est-ce que cet élan va enfin se traduire dans des faits concrets?"

 Les Verts saluent le cap énergétique fixé par Hollande

dépêche AFP, 20 septembre 2013

Les écologistes ont salué comme un «signal ambitieux» le cap fixé vendredi par le président François Hollande en ouverture de la deuxième conférence environnementale sur les questions d'énergie.

«On n'a pas entendu tout ce qu'on aurait voulu entendre, mais on a un engagement très fort sur les économies d'énergie, sur la baisse des factures des ménages, sur la modernisation de l'économie au-delà de la protection de l'environnement», a estimé l'eurodéputé Yannick Jadot à l'issue du discours.

Les Verts adhèrent en particulier à la «perspective» tracée par le président d'une réduction de la consommation d'énergie de moitié d'ici 2050, pour permettre à la France de tenir ses engagements contre le réchauffement climatique.

«On sait maintenant quel est le cap», s'est félicitée la ministre écologiste du Logement Cécile Duflot.

«C'est un signal ambitieux, c'est celui qui était souhaité par les écologistes dans le débat sur l'énergie», a renchéri le député Denis Baupin.

«C'est un signal fort pour dire que réduire la consommation d'énergie, ce n'est pas contraire à l'économie, c'est au contraire être beaucoup plus efficace», a-t-il ajouté.

Le sénateur écologiste Ronan Dantec n'a également «pas boudé (son) plaisir» sur ce volet efficacité énergétique, même s'il a relevé des «ambiguïtés» sur d'autres points, «surtout sur le nucléaire avec seulement le plafonnement du niveau du parc actuel dans la loi sur l'énergie» qui sera votée d'ici fin 2014.

Même satisfaction globale chez le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin, qui «a l'impression que tout le travail fait pendant neuf mois pendant le débat sur l'énergie a porté ses fruits».

Avec toutefois deux regrets: l'absence de nouveaux engagements forts sur le nucléaire et aucune allusion à une éventuelle hausse des taxes sur le diesel, dossier sur lequel la FNH espère des éclaircissements du Premier ministre samedi après-midi en clôture des deux jours de la conférence environnementale.

D'autres ONG ont été en revanche franchement déçues.

«Le président a surtout commenté son discours de l'an dernier et l'a réduit dans le périmètre en disant que la loi sur la transition énergétique serait la plus importante du quinquennat (l'une des plus importantes, selon le discours de Hollande)», a regretté le président de FNE Bruno Genty.

«Qu'est-ce qu'on va faire pour la transition écologique ou la préservation de la biodiversité?» s'est-il interrogé, espérant que les cinq tables rondes, qui débutaient dans l'après-midi, «relèveront le niveau des ambitions».

Greenpeace a pour sa part regretté de n'avoir eu «aucune réponse sur le nucléaire» autre que les engagements déjà connus de réduire la part de l'atome de 75% à 50% dans la production d'électricité d'ici 2025 et de fermer la centrale de Fessenheim d'ici fin 2016.

«Nous sommes extrêmement déçus, on a le sentiment qu'on est en train de se faire avoir sur ces promesses-là», a indiqué son directeur Jean-François Julliard.

L'ex-secrétaire d'Etat à l'Ecologie du gouvernement Fillon, Chantal Jouanno (UDI), a pour sa part estimé que les mesures annoncées ne sont «pas à la hauteur des ambitions affichées».

«On a l'impression que cette question de l'écologie, c'est la patine qui fait bien pour garder les Verts au gouvernement, ce n'est pas un projet de société», a regretté la sénatrice UDI.