Climat : les réseaux mondiaux de collectivités territoriales adoptent une déclaration pour la COP 21 de Paris en 2015

20130930 - Dbat GIEC

Présentation de la déclaration mondiale des réseaux de collectivités locales pour les négociations climat de Paris 2015, adoptée le 28 septembre à Nantes, lors de la conférence organisée le 30 septembre au ministère des Affaires étrangères autour du rapport du GIEC

Les réseaux mondiaux des collectivités territoriales ont adopté, samedi 28 septembre 2013, une déclaration commune en vue de la 21e conférence des parties à la Ccnucc, qui se tiendra à Paris en 2015. Cette déclaration, adoptée à l'occasion du sommet mondial des villes et territoires sur le climat à Nantes, « affirme le rôle fondamental des collectivités territoriales pour atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre à l'horizon 2050, soulignant l'importance de la prise en compte par les États de ce rôle des collectivités territoriales », déclare Ronan Dantec, sénateur EELV de Loire-Atlantique et porte-parole de CGLU dans les négociations climatiques.

La déclaration, adoptée par les réseaux mondiaux des collectivités territoriales le 28 septembre, « marque l'engagement unanime des élus territoriaux des cinq continents », poursuit Ronan Dantec. Les maires et dirigeants territoriaux s'y engagent à coopérer avec les gouvernements nationaux, les organisations supranationales, les organismes intergouvernementaux, le secteur privé, les institutions financières et la société civile « pour créer, au niveau mondial, un mouvement fort et efficace, capable de soutenir et d'initier une transformation rapide vers un développement global à faibles émissions de gaz à effet de serre et basé sur des énergies renouvelables. »

Les collectivités soulignent dans cette déclaration la « dégradation des conditions environnementales mondiales », rappellent que le seuil de 400 ppm de CO2 dans l'air a été franchi cet été, et insistent sur l'importance des négociations en cours sur le changement climatique et par conséquent sur le « progrès à réaliser entre la conférence sur le climat des Nations unies de Varsovie 2013 et la conférence sur le climat de Paris en 2015 ».

« PARTIES PRENANTES GOUVERNEMENTALES » POUR PARIS 2015

Les réseaux mondiaux des collectivités incitent également les gouvernements nationaux « à s'engager pour mettre en oeuvre dès à présent toutes les actions nécessaires permettant d'éviter une aggravation du réchauffement climatique ; à approuver un régime climatique à Paris en 2015 qui soit fondé sur et poursuivra cet objectif ; à mobiliser des ressources appropriées pour la mise en oeuvre d'actions d'atténuation et d'adaptation ; à encourager les parties, tout particulièrement l'Union européenne, à adopter des objectifs ambitieux et contraignants au sein de leurs politiques climatiques et énergétiques, démontrant ainsi leur rôle de leader. »

Les maires du réseau s'engagent à participer aux négociations multilatérales sur le changement climatique en tant que « parties prenantes gouvernementales » avec les nations. Dans la déclaration commune, ils saluent le groupe « Friends of Cities » (Amis des villes) au sein de la Ccnucc et militent pour des dialogues de haut niveau réguliers entre les maires et les ministres à partir de la COP 19, à Varsovie. Ils invitent en outre « toutes les parties à la Ccnucc à approuver le lancement d'un processus pour élaborer, s'accorder et d'adopter, au plus tard à la COP 21 à Paris, un plan d'action impliquant les gouvernements locaux et des territoires dans les efforts d'atténuation et d'adaptation au changement climatique. »

ACCÈS AUX FONDS DE FINANCEMENT

Pour être actrices de la lutte contre le changement climatique de manière efficace, les collectivités s'engagent à mobiliser dans leurs budgets locaux les financements pour mettre en place des actions à faible intensité de carbone et de mesures d'adaptation. Elles incitent donc les gouvernements nationaux, les organisations supranationales et les organismes intergouvernementaux à s'assurer que les gouvernements locaux aient « les capacités et les ressources nécessaires pour une réalisation efficace de mesures locales d'atténuation du climat ».

« Nous en appelons aux nations de développer des canaux de financement pour permettre un soutien direct à l'action climatique locale et au développement durable urbain, dans le cadre des mécanismes de financement globaux, tels que le mécanisme de développement propre, le Fonds vert pour le climat, le Fonds d'adaptation, le Fonds pour l'environnement mondial », peut-on encore lire sur la déclaration commune. « Nous incitons les gouvernements nationaux, en partenariat avec les secteurs financiers public et privé, à lancer et à mettre en oeuvre de nouveaux engagements financiers qui permettent une réduction progressive des subventions aux énergies fossiles, afin de permettre l'augmentation du financement de l'action climatique locale. »

La déclaration a été adoptée samedi 28 septembre, à la cérémonie du clôture du sommet mondial des villes et territoires sur le climat à Nantes, où étaient présents l'ancien secrétaire exécutif de la Ccnucc Yvo de Boer, la présidente du Fonds pour l'environnement mondial Naoko Ishii, le secrétaire exécutif d'ONU Habitat Joan Klos, ainsi que les maires et élus de nombreuses villes : Séoul, Kaboul, Rio de Janeiro, Durban, etc.