Communiqué de presse de l'organisation mondiale CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis) au sujet de la "Journée des villes" organisée par la Présidence polonaise de la Conférence de l'ONU sur les changements climatiques (COP 19), de la part de Ronan Dantec, porte-parole climat de CGLU, présent à Varsovie.

Le symbole de la « Journée des villes » à Varsovie se doit d'être confirmé dans les textes

Les gouvernements locaux et régionaux agissent sur 50% des émissions globales de CO2 liées à la vie quotidienne des habitants. En tant que niveau de gouvernement le plus proche des citoyens, ils ont les compétences pour agir sur des enjeux aussi divers que la planification urbaine, la consommation, les transports ou la qualité de l'habitat.

Accueillis par le Secrétaire Général des Nations unies Ban Ki-moon et la Directrice exécutive de la CCNUCC Christiana Figueres, les maires et dirigeants régionaux se sont réunis avec leurs homologues ministériels ce jeudi 21 septembre à Varsovie, lors de la première et historique « Journée des villes » organisée dans le cadre de la Conférence des parties (COP), afin de discuter de solutions locales contre le changement climatique.

Loués pour leur rôle positif dans la réduction d'émissions de gaz à effet de serre et dans l'adaptation au changement climatique de leurs territoires, les gouvernements locaux et régionaux n'ont pas encore la place qu'ils méritent à la table des négociations internationales pour le climat. Le porte-parole de CGLU pour le climat et conseiller municipal de Nantes, Ronan Dantec, a ainsi affirmé que « la crédibilité de l'accord sur le climat de 2015 se basera sur le niveau de reconnaissance des gouvernements locaux et régionaux dans le texte final, puisque ce sont eux qui sont à la première ligne de cette bataille. »

Présentant la Déclaration de Nantes, portée par les grands réseaux d'autorités locales et régionales, dont ICLEI, CGLU et ses sections régionales, Ronan Dantec a souligné la capacité des gouvernements locaux et régionaux à s'engager et à parler d'une seule voix. Il a par ailleurs plaidé pour trouver des ponts entre les agendas du climat et du développement, qui touchent aux mêmes défis et requièrent autant des solutions conjointes, et a rappelé l'initiative prise par CGLU d'une « Taskforce mondiale des autorités locales et régionales » coordonnant les interventions sur l'ensemble des négociations internationales en cours.

Devant les difficultés des Etats à s'entendre dans ces négociations, Gustavo Petro, maire de Bogota et hôte du prochain Congrès Mondial de CGLU en 2016 a appelé les villes à prendre la main dans la lutte contre le changement climatique.

En route vers la Conférence pour le climat de 2015 à Paris, trois tâches attendent les dirigeants locaux et régionaux. Tout d'abord, ils se doivent d'illustrer et d'expliquer mieux les co-bénéfices de la lutte contre le changement climatique – économiques, sociaux, culturels, etc. – et ainsi contribuer à vaincre le pessimisme actuel. Ensuite, ils doivent poursuivre leur dialogue avec les gouvernements nationaux, notamment les gouvernements « amis des villes » qui soutiennent, dans les négociations internationales, leurs propositions. Enfin, ils doivent continuer à coopérer et échanger des bonnes pratiques entre eux, et conserver leur capacité à parler d'une seule voix.

A 24 heures de la fin de la Conférence, les gouvernements locaux et régionaux appellent à élever le niveau d'ambition dans la négociation d'un accord global pour le climat. Ils s'inquiètent de la direction prise dans les dernières versions diffusées des paragraphes concernant les autorités locales. Le symbole de la « Journée des villes » se doit d'être confirmé dans les textes !