Communiqué de presse de Ronan Dantec à la suite de la proposition de Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, d'organiser un référendum sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Notre-Dame-des-Landes : le débat citoyen est un impératif.

C'est avec grand intérêt que Ronan Dantec a accueilli ce matin la proposition de Ségolène Royal qui a avancé l'idée d'organiser un référendum sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Cette proposition rejoint les dernières déclarations du Président de la République, ayant estimé lors du lancement de la conférence environnementale 2014 que ce genre de consultation pouvait permettre de dépasser les blocages.

S'étant plusieurs fois prononcé en ce sens, Ronan Dantec considère que « la proposition de Ségolène Royal doit maintenant être débattue avec tous les acteurs du territoire, partisans et opposants au projet. Face au risque toujours présent d'un drame comme nous l'avons connu à Sivens, il appelle à la responsabilité collective pour ramener ce projet dans le débat public, seule solution pour créer les conditions de l'apaisement. »

Selon Ronan Dantec, ce référendum doit remplir trois conditions :

1. Il ne peut en aucun cas être organisé tant que les recours environnementaux ne seront pas arrivés à leurs termes. Un tel référendum ne peut servir à cautionner un passage en force contre le droit de l'environnement.

2. Le périmètre de consultation doit correspondre aux engagements des collectivités territoriales. Cet aéroport, présenté comme étant bénéfique au Grand ouest, impactera les aéroports existants de Rennes et Angers. C'est donc bien à l'échelle des deux régions administratives (qui participent au financement) qu'il doit être organisé, le plus logique étant de le coupler aux prochaines élections régionales.

3. Ce référendum doit être l'occasion d'un débat pluraliste éclairé par des contre-expertises sur les points toujours en débat (réalité du plan d'exposition au bruit (PEB) de Nantes-Atlantique, coût du réaménagement de l'aéroport actuel, sous-dimensionnement des travaux à NDDL...)

Ronan Dantec propose que la Commission nationale du débat public soit chargée de garantir la qualité et la pluralité du débat.

L'audition au Sénat du président de l'Autorité indépendante de contrôle des nuisances aéroportuaires (ACNUSA) le 18 février dernier (compte-rendu en pièce jointe) a encore illustré de manière très explicite ce refus de l'Etat d'accepter de répondre aux interrogations (PEB trop optimiste de la DGAC, refus d'étudier une piste modifiée de 15° à Nantes-Atlantique pour éviter le survol de la ville de Nantes...)

Pourtant c'est ce refus de la contre-expertise sur nombre d'éléments du dossier qui alimente aujourd'hui la radicalisation, et le débat précédant cette consultation référendaire doit permettre de recréer un véritable dialogue entre les uns et les autres.

C'est le respect de ces conditions qui permettra à un référendum de jouer pleinement son rôle, et de rendre toute décision, quelle qu'elle soit, acceptable. Il s'agit de sortir des logiques d'affrontement pour entrer dans une démarche digne d'une démocratie moderne.