A l’occasion des débats sur le projet de loi “Biodiversité”, le Groupe écologiste du Sénat se félicite de l’adoption de son amendement n°367 visant à supprimer l’avantage fiscal de l’huile de palme par rapport aux autres huiles végétales, grâce au soutien des groupes socialiste, communiste et de plusieurs membres du groupe Les Républicains.

L’huile de palme est l’huile végétale la plus consommée au monde. Présente dans de très nombreux produits alimentaires de consommation courante, elle est privilégiée par les industriels pour son faible coût de production et sa plasticité. L’usage de l’huile de palme pose aujourd’hui de graves problèmes environnementaux et sanitaires.

D’une part, la culture industrielle du palmier à huile accapare de plus en plus de territoires, principalement en Asie du Sud-Est, détruisant les forêts, menaçant les écosystèmes et mettant à mal les moyens de subsistance des hommes et des animaux qui y vivent. Et les plantations qualifiées de durables n’en sont pas moins dangereuses pour l’environnement car, en plus d’engendrer la disparition massive d’écosystèmes au même titre que les plantations traditionnelles, on y utilise de la même façon des pesticides puissants comme le paraquat, interdit en Europe depuis 2007. Ronan Dantec rappelle en outre que “l’Indonésie a connu en automne 2015 ses pires incendies, causés par l’exploitation de l’huile de palme, ravageant des pans immenses de forêt tropicale. Contrairement aux engagements de la filière, la déforestation continue et s’aggrave.”

D’autre part, la surconsommation de l’huile de palme accroît le risque de survenue d’une maladie cardiovasculaire et de la maladie d’Alzheimer. Sa présence dans de nombreux produits consommés quotidiennement doit donc être questionnée.

Aline Archimbaud, Sénatrice de Seine-Saint-Denis, Vice-présidente de la Commission des Affaires sociales et auteure de l’amendement, est à l’initiative de ce combat au Sénat depuis plus de quatre ans. Elle a sans cesse rappelé : “Non seulement l’huile de palme est bon marché mais en France, c’est une des huiles les moins taxées. Cette différence ne se justifie pas”.

En séance, Marie Blandin, Sénatrice du Nord, a expliqué “Notre objectif est d’inciter les industriels à substituer d’autres matières grasses à l’huile de palme, ce qui est le plus souvent possible”. S’il est important que l’évolution de la fiscalité soit progressive pour que les industriels puissent s’adapter facilement, il convient toutefois de supprimer à terme cet avantage concurrentiel sur les autres huiles, notamment françaises, qui ne repose que sur la non prise en compte dans le prix du produit des dégâts sanitaires et environnementaux.