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  • 10 janvier 2014. Intervention en clôture de la session sur le Climat à l'ONU

    Ronan Dantec est intervenu vendredi en conclusion de la session "Climat et réduction des risques de catastrophe" du groupe de travail ouvert intergouvernemental sur les Objectifs de Développement Durable, au nom du groupe majeur "Gouvernements locaux".

    M. le Président,
    Mesdames et Messieurs les délégués,

    J'interviens ici au nom de la Global Taskforce, qui rassemble l'ensemble des réseaux de collectivités territoriales.
    La question du changement climatique, intégrant les enjeux de la résilience et de la réduction des risques, est une question centrale de l'agenda du développement. Et nous savons tous ici que, si nous ne trouvons pas un accord ambitieux sur la stabilisation du climat, nous ne pourrons pas répondre aux enjeux du développement et éradiquer la pauvreté.
    Avec l'adoption des Objectifs de Développement Durable (ODD) en septembre à New York et la négociation sur le climat en décembre à Paris, l'année 2015 sera l'une des plus importantes pour notre avenir commun et elle dira la capacité de la communauté internationale à gérer collectivement des défis planétaires.
    Les deux négociations sont donc extrêmement liées et nous devons bien réfléchir aux signaux qui seront donnés par les ODD pour favoriser un accord ambitieux à Paris sur le climat.
    En ce sens, les ODD ont un rôle fondamental à jouer pour mobiliser les acteurs de la société civile comme les institutions. Ils doivent permettre la multiplication des actions concrètes, c'est ce qui avait fait le succès des OMD. Cela signifie donc que les objectifs et cibles que nous allons choisir auront d'abord pour fonction de créer des dynamiques, de mobiliser les acteurs, et de faire le lien avec l'enjeu climatique.
    Il faut dire clairement que réussir un accord ambitieux sur le climat ne se réduit pas à signer un accord légalement contraignant, mais nécessite tout autant une grande mobilisation des acteurs, et des réalisations concrètes suffisamment significatives pour permettre une forte réduction des émissions de CO2.
    C'est pourquoi nous considérons que c'est d'abord par l'adoption d'objectifs clairs, en particulier sur l'urbanisation durable, l'énergie ou la sécurité alimentaire, que la négociation sur les ODD aura un rôle facilitateur pour la négociation climatique. Ces objectifs doivent se décliner en cibles et en indicateurs, en fort lien avec la question du climat. C'est particulièrement important pour l'urbanisation durable car les villes représentent plus de 70% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Et nous ne pourrons pas atteindre les objectifs de réduction mondiale sans la mobilisation des acteurs locaux.
    Dans la même logique, comme cela a été dit ce matin, c'est bien au niveau local que vont se jouer les enjeux d'adaptation et de résilience. Les élus locaux ont marqué leur mobilisation, notamment à travers la Charte d'adaptation de Durban, adoptée en 2011. Toute cible sur l'adaptation devra donc, selon nous, montrer le rôle clé des élus locaux.
    Pour conclure, je voudrais donc souligner que décliner les questions climatiques comme enjeu transversal dans l'ensemble des Objectifs de Développement Durable, à travers des cibles ambitieuses, nous semble aujourd'hui être la bonne approche.

     

  • 6 janvier 2014. Intervention à l'ONU en faveur d'un Objectif du Développement Durable (suite Rio+20) sur l'Urbanisation durable

    Ronan Dantec participe à la septième session du processus de l'ONU, ouvert a la société civile, lancé à Rio+20, et devant amener à la définition des Objectifs de Développement Durable (ODD) en 2015. Cette session se tient du 6 au 10 janvier à New York. Ronan Dantec est intervenu ce matin en introduction du segment consacré aux villes durables, au nom du réseau mondial de collectivités locales CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis) et de la Global Taskforce, qui rassemble les acteurs défendant le principe d'un ODD "Urbanisation durable".

    Les ODD ont été décidés lors du Sommet de Rio+20 en juin 2012. En parallèle des réflexions menées sur l'agenda post-2015 des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), la communauté internationale s'est
    engagée à définir une liste d'objectifs d'ici fin 2015, portant sur les trois piliers du développement durable (social, économique et environnemental), qui soient concrets, ambitieux, d'envergure mondiale et susceptibles d'être appliqués dans tous les pays (paragraphe 247 de la Déclaration de Rio de juin 2012, L'avenir que nous voulons). Les deux processus (Rio+20 et OMD) doivent converger dans la liste des Objectifs de Développement Durable qui sera adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies en septembre 2015.

    Intervention dans le Co-chairs Meeting « Sustainable cities ». Open-Working Group 7, New York. Lundi 6 janvier 2014

    20140106-Intervention NY-2-web

    Suite aux décisions prises lors du Sommet de la Terre Rio+20, les Etats arrêteront en 2015, dans le cadre de l'Organisation des Nations Unies, une liste d'Objectifs de Développement Durable (ODD), qui fixeront les priorités de la communauté internationale pour répondre aux défis d'élimination de la pauvreté et de réponse aux grandes crises environnementales.

    Cette décision sera très importante pour dégager des perspectives de long terme, créer des dynamiques d'acteurs, forger de nouveaux outils d'action, et mobiliser des financements.
    Lors du Sommet de Rio en juin 2012, la Déclaration finale a souligné l'importance des problématiques urbaines et le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon résumait ce rôle stratégique : « The road to global sustainability runs through the world's cities and towns. By building more sustainable cities and regions, you will lead us to a more sustainable world ».
    Je n'ai pas le temps d'y revenir en détail mais nous savons que la croissance de la population mondiale se fera ces 20 prochaines années dans les villes, qu'il s'y élabore les nouveaux modes de production et de consommation, qu'il ne peut être possible d'éliminer la pauvreté ou de stabiliser les émissions de CO2 planétaires sans s'appuyer sur un modèle d'urbanisation durable.
    En ce sens, proposer un ODD spécifique s'inscrit parfaitement dans le paragraphe 247 de la Déclaration de Rio, qui souligne que ces objectifs devraient concerner, je cite, « des domaines prioritaires aux fins de la réalisation du développement durable, [...des domaines] d'envergure mondiale susceptibles d'être appliqués dans tous les pays ».
    Deux éléments nous semblent essentiels à souligner pour bien comprendre notre demande.
    Tout d'abord, c'est bien la cohérence d'ensemble des actions publique et privée engagées sur le territoire urbain qui permettent de répondre aux enjeux que nous avons l'habitude de détailler - qualité de l'eau et de l'air, réduction des émissions de CO2, ou préservation de la biodiversité pour l'environnement ; accès à l'éducation, à la santé, à la sécurité alimentaire, et à un travail décent pour le développement. Un élément aussi central que la planification urbaine ne peut se décliner comme une cible s'inscrivant dans l'un des enjeux précédemment cités. Or les décisions prises sur ce point ont des conséquences majeures sur la qualité de l'habitat ou sur les modes de déplacement, et ont donc des impacts fondamentaux sur les émissions de CO2 comme sur l'accès à l'emploi. Rappelons que cet enjeu central de planification est clairement souligné dans les paragraphes 134 à 136 de la Déclaration de Rio.
    En défendant un objectif « Urbanisation durable », nous insistons aussi sur l'interaction entre territoires, et ne limitons pas notre approche à la ville proprement dite. Nous considérons que l'urbanisation durable inclut la question des territoires ruraux, dont le rôle est central pour la sécurité alimentaire de la ville, et nous insistons sur la question préoccupante de l'étalement urbain, destructeur de terres agricoles et de biodiversité. Dans ce cadre, nous soulignons aussi que la construction de cette urbanisation durable passe par la coopération entre tous les niveaux de gouvernement, notamment locaux et infranationaux, en proximité permanente avec tous les acteurs de la société civile : secteurs privés et associations, avec une attention particulière aux initiatives et propositions portées par les jeunes et les femmes. Nous nous inscrivons ici parfaitement dans le paragraphe 137 de la Déclaration de Rio.
    Evoquer l'urbanisation comme Objectif de Développement Durable en tant que tel est donc particulièrement concret et facile à comprendre, pour reprendre les exigences du paragraphe 247 de la Déclaration de Rio+20.
    Les réseaux de gouvernements locaux, certains groupes de réflexion et agences onusiennes ont travaillé ces derniers mois pour montrer qu'il est important d'inscrire cet objectif en tant que tel et de réfléchir aux cibles permettant de le préciser. Nous avons donc aujourd'hui plusieurs textes convergents qui développent ces idées, et nous allons continuer à travailler pour les consolider.
    Je terminerai en rappelant que nous nous appuyons sur les expériences locales d'agenda 21 - et il y a de nombreux exemples de mise en œuvre réussie de la Déclaration de Rio 1992 – pour avancer vers le développement durable au niveau local, avec la participation de l'ensemble des acteurs du territoire.
    En conclusion, je tiens ainsi à souligner que cet objectif n'est pas aujourd'hui défendu que par les représentants des autorités locales. Nous arrivons à New York avec un texte de soutien à l'ODD « Urbanisation durable », défendu par différents membres de Major Groups. Cette contribution est ouverte à consultation sur le site onusien sur le développement durable, dans le segment thématique « Sustainable cities and human settlements » (http://sustainabledevelopment.un.org/index.php?page=view&type=9502&menu=1565&nr=15).
    Les enjeux urbains sont le quotidien d'une majorité toujours plus grande des habitants de cette planète, les représentants de la société civile mondiale peuvent mesurer chaque jour les difficultés, mais aussi les opportunités, naissant de cette urbanisation, et c'est donc logiquement que nombre d'entre eux se retrouvent aujourd'hui en accord pour défendre un objectif à part entière sur l'urbanisation durable.

  • 7 janvier 2014. Intervention en clôture de la session sur les Villes durables à l'ONU

    Ronan Dantec est intervenu cet après-midi en conclusion de la session "Villes durables" du groupe de travail ouvert intergouvernemental sur les Objectifs du Développement Durable, au nom du groupe majeur "Gouvernements locaux". Il a souligné les avancées dans les débats menés durant ces deux jours sur le principe d'un objectif spécifique sur l'urbanisation durable.

    20140107-Intervention NY-Cloture-web

    M. le Président,
    Mesdames et Messieurs les délégués,

    Au nom des réseaux de collectivités locales réunis au sein de la Global Taskforce, je veux d'abord souligner la qualité des débats qui se sont déroulés depuis deux jours. Les interventions qui se sont succédées ont montré une réelle prise de conscience, un consensus de la communauté internationale sur l'importance d'inscrire les approches territoriales et l'accompagnement d'une urbanisation inéluctable dans les ambitions et exigences des Objectifs de Développement Durable.
    Deux points apparus dans le débat me semblent appeler des réponses rapides. Tout d'abord, nous n'opposons pas l'avenir des villes et celui du monde rural. En tant qu'associations mondiales, nous n'oublions pas que nous représentons des élus locaux de toute nature, élus de mégapole, de petites villes ou de zones rurales. Nous disons clairement l'interaction permanente et le destin commun entre villes et campagnes. En proposant un objectif d'urbanisation, nous évoquons un processus d'approche territoriale, qui intègre clairement l'avenir du monde rural, des questions de sécurité alimentaire à la lutte contre un étalement urbain destructeur des terres agricoles. Et nous n'oublions pas non plus l'importance des villes moyennes, dont le renforcement est une alternative à la croissance non maîtrisée des mégalopoles.
    Ensuite, le débat porte, nous le savons, sur le choix d'un nombre limité d'ODD. Au vu de la qualité des débats et de la pertinence des arguments entendus depuis hier, nous croyons plus que jamais à la nécessité d'un ODD sur l'approche territoriale et l'urbanisation durable, qui garantisse une approche holistique dont beaucoup ici ont souligné l'importance. Certaines cibles liées à l'urbanisation sont peut-être intégrables dans d'autres objectifs. Mais les principales, comme l'importance de la planification urbaine ou de la maîtrise foncière, sont étroitement liés à un objectif spécifique. Il est de plus facile d'intégrer à cet ODD des cibles liées aux transports et aux infrastructures.
    Surtout, et ce sera ma conclusion, nous savons que nous ne pourrons pas atteindre les grands objectifs d'élimination de la pauvreté ou de lutte contre le changement climatique sans la mobilisation des acteurs territoriaux, élus locaux, acteurs privés, associations, avec un rôle-clé des femmes et des jeunes.
    Le succès des OMD aura été lié à leur capacité à entraîner des dynamiques de mobilisation. Le choix des ODD est donc tout aussi stratégique, et la mobilisation des acteurs locaux sur les défis du développement durable est un des enjeux majeurs de ce début de XXIème siècle.

     

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