Le tribunal administratif de Nantes a rejeté les 17 recours, dont celui d’Europe Ecologie-Les Verts, déposés par des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, validant ainsi les arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux du futur aéroport. « Il faut aller en appel » réagit le sénateur EELV de Loire-Atlantique, Ronan Dantec, qui dénonce une « aberration environnemental et économique ». « Il faut chercher l’apaisement sur ce dossier et revenir sur le terrain politique via un référendum » selon l’ancien adjoint de Jean-Marc Ayrault à Nantes.

Entretien réalisé par François Vignal et consultable en ligne ici.

Les 17 recours des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont été rejetés, autorisant le début des travaux. Quelle est votre réaction ?
Je suis très surpris de la décision car dans un dossier précédent et similaire, celui du port autonome de Nantes sur le site de Donges, nous avions gagné en appel. Le tribunal s’était basé sur la loi sur l’eau pour dire qu’il n’y avait pas de mesures compensatoires et il avait rejeté. Il faut analyser comment le tribunal administratif a jugé, voir ses attendus. Il faut aller en appel maintenant, sauf si le gouvernement revient sur le terrain politique. La seule solution, c’est le référendum, qui est maintenant permis par la loi Macron.

Les travaux peuvent-ils commencer malgré tout ?
Non. Le rapport de force est tel qu’ils ne vont pas commencer.

Il serait difficile de les commencer avant l’élection présidentielle de 2017 ?
Je pense que oui. C’est la responsabilité du gouvernement. Le dossier reste bloqué. Je rappelle que dans l’accord politique passé entre les socialistes et les écologistes pour les municipales à Nantes, ce qui a permis de garder la ville, il y a le mot « épuisement des recours ». Donc il faut maintenant attendre l’épuisement des recours, attendre l’appel. Une fois que tout les recours seront épuisés, il y aura des élections, on sera peut-être sous un gouvernement de droite, il se passera beaucoup de choses.

Ce dossier va continuer à empoisonner les relations entre l’exécutif et les écologistes jusqu’à la fin du quinquennat...
Si le gouvernement considérait que le premier jugement suffit, sans attendre l’appel, ça va poser un problème pour la fin du quinquennat effectivement, et pour les élections à venir, les régionales. Mais s’il y a un accord de deuxième tour pour les régionales, ce n’est pas imaginable qu’il n’y ait pas le respect de l’épuisement des recours. Mais je ne vois pas le gouvernement se précipiter. Il faut chercher l’apaisement sur ce dossier et revenir sur le terrain politique via un référendum.

Reste qu’en janvier, François Hollande a bien dit que si les recours étaient épuisés, l’aéroport se ferait...
En décembre, il a aussi dit que sur les dossiers bloqués, le référendum pouvait être une solution. Le cadre politique est ouvert.

Entre la lutte contre le bruit à Nantes ou le développement économique, rien ne justifie à vox yeux la construction de cet aéroport ?
J’ai été vice-président en charge du bruit à Nantes Métropole et je rappelle que la gêne sonore a diminué à Nantes-Atlantique et c’est pour ça que l’Etat refuse de refaire une étude sur le bruit. Les donnés de l’Etat datent d’il y a 15 ans et il refuse de les mettre à jour. Sur l’aspect économique, l’aéroport est mieux placé là où il est. S’il est transféré plus loin du centre, il va perdre ses clients au profit du TGV. Ce dossier est une aberration et un désastre environnemental et une aberration économique.

Alors pourquoi est-il toujours soutenu par l’exécutif ?
Je pense aujourd’hui que les uns et les autres sont bloqués par le fait qu’ils sont allés très loin dans leurs positions. Les uns et les autres ne veulent pas se déjuger. Mais à un moment, François Hollande a besoin de rassembler la gauche. Et on ne peut pas rassembler la gauche et faire l’aéroport.