En réponse à Ronan Dantec, Emmanuel Macron confirme que la programmation pluriannuelle de l'énergie respectera la loi de transition énergétique et donc actera la baisse à 50% de la part du nucléaire dans le mix électrique à horizon 2025.

Monsieur le Président,

Cette question s’adresse au ministre de l’économie.

Monsieur le ministre,

Depuis maintenant des mois, l’inquiétude augmente concernant l’avenir d’EDF. Lourdement, très lourdement endettée – 37 milliards d’euros, soit plus de 600 euros par français – EDF a vu fondre sa capitalisation boursière de 150 milliards en 7 ans, un indicateur clair d’une perte de confiance assez générale dans son modèle économique, tout cela dans un contexte de forte baisse du prix de l’électricité sur les marchés européens.

Monsieur le Ministre, il nous faut sauver le service public de l’électricité, avec ses enjeux d’aménagement du territoire et de prix unique. Pour cela, il faut en finir avec les investissements aventureux. Dans un monde où les investissements en énergies renouvelables sont désormais majoritaires – 286 milliards cette année – entrainer une entreprise surendettée dans un projet de centrale nucléaire en Angleterre à Hinkley point qui va coûter 23 milliards d’euros serait pure folie. Aucun banquier sérieux ne couvrirait une telle opération. D’ailleurs, que la CGT d’EDF, bonne connaisseuse de la maison, et assez peu connu pour son activisme anti-nucléaire, dénonce par avance le risque mortel de cet aventurisme devrait encore plus nous alerter.

Ma question est donc celle-ci : partagez-vous l’analyse selon laquelle il est maintenant urgent de publier une programmation pluriannuelle de l’énergie (une PPE) crédible, cohérente avec la loi de transition énergétique et la baisse à 50% de la part du nucléaire dans le mix électrique en 2025, et prévoyant donc explicitement la fermeture d’une vingtaine de réacteurs, pour reprendre le chiffre de la Cour des comptes ? Seule l’adoption de cette PPE autoriserait EDF à intégrer dans son bilan la prolongation de la durée d’amortissement des autres réacteurs, ce qui améliorerait son résultat, et par contrecoup sa note financière, lui permettant donc de continuer à emprunter à des taux raisonnables. De plus, dans un contexte de surproduction électrique, c’est donc dire si c’est une logique vertueuse, cette réduction des capacités de production amènerait à une remontée mécanique des prix sur les marchés et donc à la reconstitution des marges d’exploitation de notre électricien national. Je ne doute pas, Monsieur le ministre, que vous partagez l’analyse et que vous allez peser dans ce sens, pour la sauvegarde d’un service public auquel nous sommes tous très attachés.