Porte-parole de CGLU dans les négociations internationales sur le climat et le développement durable, Ronan Dantec était à Rabat le 4 octobre pour le 4ème Congrès de CGLU/Sommet Mondial des Dirigeants Locaux et Régionaux.
Il a présenté la Déclaration mondiale des Maires et Dirigeants Territoriaux sur le changement climatique, adoptée à Nantes le 28 septembre 2013, avec la feuille de route des réseaux mondiaux de collectivités locales jusqu'à la Conférence climat de Paris en 2015.

Intervention dans le cadre du 4ème Congrès de CGLU – Sommet Mondial des Dirigeants Locaux et Régionaux –
Rabat, le 4 octobre 2013

M. le président de CGLU,
MM. les co-présidents,
M. le secrétaire général, Mesdames et Messieurs,

C'est un plaisir et un honneur pour moi de vous présenter ici la déclaration adoptée à Nantes samedi dernier, en présence d'élus des cinq continents, Déclaration des Maires et Leaders Subnationaux sur le changement climatique, soutenue par les principaux réseaux de collectivités territoriales du monde, et en particulier CGLU, ICLEI et NRJ4SD.
Cette déclaration n'est pas un texte de plus, aussitôt adopté et aussitôt oublié, c'est bien la feuille de route stratégique des villes et des régions jusqu'à la conclusion de l'actuel cycle de négociation sur le climat à Paris, à l'automne 2015. Et je suis très heureux que la préparation de ce texte ait de nouveau montré la capacité des gouvernements locaux à parler d'une seule voix. C'est essentiel, nous n'existons dans les négociations que si nous sommes unis.
Ce texte dit d'abord notre volonté de combattre le changement climatique sur nos territoires, en y mobilisant des moyens à la hauteur des enjeux. Et c'est en partant de nos propres engagements à agir que nous pouvons proposer aux Etats une nouvelle coopération, pour unir nos efforts et réussir ainsi à stabiliser les émissions de CO2 à un niveau acceptable, qui garantisse l'avenir de nos sociétés. Le texte dit aussi notre volonté de coopération avec les autres acteurs de la société civile et, sur ce point, les échanges fructueux que nous avons eus à Nantes nous font penser que des expressions communes sont possibles, que nous ne pouvons dissocier les agendas du climat et du développement, tant les enjeux sont liés. Les premières conséquences négatives du changement climatique seront d'abord de rendre encore plus difficile à atteindre les grands objectifs de l'agenda du développement post-2015. Nous devons aussi avoir clairement à l'esprit que, sans accord sur les objectifs de développement en septembre 2015 à New York, il n'y aura pas d'accord sur le climat à Paris en décembre 2015.
Le texte de la déclaration de Nantes soutient ainsi la Taskforce mise en place par CGLU pour suivre l'ensemble de l'agenda mondial, et il me semble important, M. le président, que nous mentionnions aussi dans notre déclaration aujourd'hui l'importance de l'échéance sur le climat pour l'agenda de CGLU.
Je ne peux évidemment pas vous détailler tout ce texte et j'en tiens des exemplaires à disposition. Il est précis dans nos propositions et demandes, comme le fait de pouvoir bénéficier dans le cadre de la Convention climat (CCNUCC) de systèmes certifiés de mesure des émissions de nos territoires, qui nous permettront de montrer l'importance des réductions d'émissions liées à nos actions locales. Nous demandons aussi dans ce texte un accès direct pour les villes et régions aux financements mobilisés dans le cadre de la négociation climatique, notamment le Fonds vert et le Fonds d'adaptation.
En conclusion, je voudrais souligner un point très important pour la négociation climat, avec ce nouveau cycle Durban-Paris 2015. A Paris, la négociation ne pourra être de même nature qu'à Copenhague. La négociation entre Etats, entre près de 200 intérêts nationaux, a montré ses limites et ses extrêmes difficultés. Pour réussir à Paris, la négociation devra s'appuyer sur les acteurs qui agissent au quotidien, qui ont montré qu'il était possible de développer des politiques publiques efficaces pour lutter contre le changement climatique.
Dans ce cadre, l'action des villes et territoires est un des principaux facteurs d'optimisme au niveau planétaire. Nous devons donc être conscients de notre capacité à être des facilitateurs de l'accord à Paris en 2015. Nous agissons, nous créons des réseaux de confiance entre élus du monde entier, notre mobilisation dans cette négociation peut donc être un élément décisif pour un véritable succès de la Conférence climat à Paris en 2015.