Posté le : Le 15 12 09  Source : www.cmaintenant.eu

Certes, c’est encore un “draft”, un document de travail rédigé en anglais, mais ce nouveau texte, publié ce matin 15 décembre, sous l’autorité de Michel Cutajar, président du groupe de travail sur l’action de coopération a long terme (LCA) est une grande avancée et une vraie satisfaction pour les collectivités locales, qui voient leur rôle officiellement reconnu dans la première page de préambule :  « further recognizing that a broad range of stakeholders needs to be engaged on global, regional, national and local levels, be they governmental, including sub national and local government, private business and civil society”

Sauf coup de théâtre (toujours possible cependant), cette phrase à haute portée symbolique, restera dans ce texte, qui conclue les travaux des délégations nationales, texte qui va être remis aux ministres et aux chefs d’Etats. Ce texte LCA sera une des bases essentielles de la déclaration politique de vendredi, écrite sous la responsabilité de la présidence danoise.

Pour le petit groupe de négociateurs des autorités locales, élus et techniciens, qui a suivi la négociation internationale à travers le monde depuis Bali et Poznań, c’est une évidente satisfaction et aussi un soulagement. Vendredi dernier encore, le premier texte LCA n’incluait aucune mention du rôle des autorités locales.  Comme le disait ce matin ma collègue Ima Mayol, adjointe au Maire de Barcelone, en ouverture du Sommet de Maire, seule la mobilisation collective nous permet de nous faire entendre. C’est bien ainsi que nous avons travaillé depuis 2 ans.  D’abord en s’accordant entre grands réseaux mondiaux, (CGLU, ICLEI….) ou européens (CCRE, Eurocities, Climate Alliance, Energie-cites…) sur une stratégie commune « la feuille de route des réseaux locaux », puis en travaillant avec des pays « amis » qui ont soutenu notre action.

Parmi ces temps forts de négociation, l’ « accord » que nous avons passé à Bonn en juin avec NRG4SD, le réseau mondial des régions sur les questions environnementales pour défendre des amendements communs entre « représentants des villes et des régions », « subnational and local governments ». C’est le Sénégal, pays très engagé pour la reconnaissance des collectivités locales, qui a ensuite porté officiellement sur la table des négociations nos propositions. Pour l’anecdote, les deux élus qui représentaient, à Bonn, les réseaux mondiaux étaient pour CGLU, le vice-président de Nantes Métropole et pour NRG4SD, le vice-président de la région Bretagne (mon ami Christian Guyonvar’ch). Le lobbying intense mené à Copenhague lors de la première semaine a aussi porté sans nul doute ses fruits. Le trio que nous avons formé avec David Cadman, président d’ICLEI et adjoint au maire de Vancouver et Klaus Bondam, adjoint au maire de Copenhague, a permis de multiplier les rencontres avec les délégations officielles, en s’appuyant constamment sur les élus locaux qui avaient fait le voyage. Les rencontres avec Brice Lalonde (ambassadeur français au climat) et avec la délégation suisse, le mercredi 9 décembre, en présence d’une très forte délégation d’élus locaux français (une cinquantaine) ne sont pas passées inaperçues, et nous ont confortés.

Forts de nombreux soutiens des pays africains, du groupe environment integrity (Suisse, Mexique, Corée…), de l’Union européenne (particulièrement la France et la Suède), et même depuis samedi des Etats-Unis, nous réussissons à obtenir une reconnaissance qui n’était pas incluse dans le protocole de Kyoto, où aucune mention ne rappelait le rôle des autorités locales.
Arnold Schwarzenegger a rappelé cet après midi cette importance des villes, régions et états fédérés dans la lutte contre le changement climatique, en appelant à un sommet climat et autorités locales sous l’égide des Nations Unies. Cette reconnaissance n’est donc qu’une première étape, car il va s’agir de la traduire dans les mécanismes concrets qui découleront de l’accord espéré de Copenhague, avec des enjeux pour les villes et régions du Nord comme du Sud.

Responsable du groupe de négociation climat de CGLU, Nantes Métropole va poursuivre son engagement et il est notable que Jean-Marc Ayrault et Alain Juppé soient les seuls maires français présents au sommet mondial des maires, organisé par la ville de Copenhague. Ce sommet est l’occasion, de Sao Paolo a New York et de Johannesburg à Mexico, de mesurer le niveau d’engagement concret des villes, qui représentent sans nul doute le plus important gisement de réduction des émissions de CO2 dans le monde. En ce sens, la phrase du texte de Michel Cutajar doit clairement être entendue dans un double sens : reconnaissance des autorités locales, évidemment, mais aussi, et c’est bien la nôtre, responsabilité, volonté de nous signifier que nous devons agir encore plus vite et plus fort.