Ronan Dantec est intervenu au conseil communautaire pour mettre en perspective le plan local d’urbanisme métropolitain (PLUM) avec les autres échelles du territoire.
Madame la présidente, chers collègues,
Un peu moins de 10 ans après l’élaboration de son précédent Plan Local de l’Urbanisme, écrit sur la base du PADD communautaire de 2005, notre assemblée s’engage donc dans le processus d’élaboration d’un nouveau PLU Intercommunal, démarche plus lourde que ne laisse penser l’acronyme.
Soulignons tout d’abord que nous avions déjà à l’époque inscrit nos documents d’urbanisme dans une logique d’agglomération, démarche qui pouvait sembler tout simplement logique et cohérente tant c’est l’échelle de vie des habitants, mais les oppositions qui se sont exprimées au parlement contre la généralisation de ces PLUI a malheureusement montré que cette approche de bon sens n’était pas encore totalement partagée dans notre pays où le dépassement des frontières administratives installées, et ce quel qu’en soit l’échelle, suscite l’opposition de tous les conservatismes et pouvoirs installés. Les difficultés rencontrées sur ce point par Cécile Duflot dans les discussions de la loi ALUR, où elle portait cette vision intégrée disent malheureusement encore les difficultés de la réforme dans notre pays.
Cette loi ALUR aura néanmoins permis de notables avancées notamment en portant à 25% la part de logement sociaux obligatoires dans les communes de plus de 3500 habitants. Les élus écologistes seront particulièrement attentifs au respect de cet objectif dans le futur PLH bien sûr, mais – bien évidement – aussi dans la cohérence du PLUM et dans la recherche d’une réelle mixité social, à l’échelle de toutes les communes.
Il y a beaucoup d’objectifs rappelés et énuméré dans cette délibération, je ne vais évidemment pas toutes les reprendre. Quelques points à souligner :
D’abord, bien sûr, l’articulation des échelles. Dans un territoire comme le nôtre, où notre aire urbaine dépasse largement le cadre de la métropole, c’est un enjeu central. C’est bien au moins à l’échelle du SCOT que s’écrit le futur de notre territoire, et nous devons donc être précis dans l’inscription du PLUM dans un cadre plus large ; ce qui passe aussi par l’élargissement de la concertation sur notre document d’urbanisme à l’ensemble des acteurs de ce territoire avec lequel nous interagissons en permanence. Ce doit être un document partagé.
Cela vaut pour le développement économique ou l’habitat, mais aussi pour la nature. L’inscription de la trame verte et bleue sera un enjeu du PLUM, mais cette nature en ville ne peut se développer sans connexion avec les espaces naturels de l’estuaire et des zones humides du bocage. Nous pouvons d’ailleurs regretter que nous ayons peu avancé dans une meilleure compréhension de notre écosystème estuarien et de ses interactions, il serait sans nul doute nécessaire de mener une véritable étude sur ce point. Nous avions d’ailleurs commencé à y travailler dans le cadre de la commission du SCOT. Le projet pourrait être facilement relancé.
A propos de trame, la perméabilité de la ville est essentielle au développement des modes doux notamment pour les marcheurs à pieds qui, plus que tout autre, recherchent des circuits courts. Inscrire dans les déclinaisons communales de ce PLUM, les continuités, les passages nécessaires aux cheminements piétons est un travail fin, mais particulièrement utile. Nous y avions beaucoup travaillé à Nantes, nous pouvons réactualiser ces schémas de trames piétonnes et surtout, les rendre plus prescriptives face aux mutations de la ville.
Il s’agit donc de continuer à être une agglomération exemplaire en matière de développement durable, et je note bien sûr les références faites au Plan Climat dans la délibération. Néanmoins je m’étonne de l’absence de mentions plus précises aux questions d’adaptation au changement climatique, qui est pourtant un des points sur lesquels les documents d’urbanisme doivent aujourd’hui évoluer. Nous savons que nous vivrons en ce siècle la montée du niveau de la mer et des précipitations plus fortes, parfois violentes. Dans le cadre du débat qui va s’ouvrir, en lien aussi avec le débat sur la place de la Loire dans notre projet urbain, nous devons donc expliciter nos propres hypothèses de travail, et la manière dont le PLUM les intègre. Il ne s’agit pas d’être catastrophiste, d’imaginer des évènements les plus extrêmes, et il faut rappeler que le risque fait aussi partie de la vie, mais c’est le moment de se poser les bonnes questions, sans déni ni surenchère, et de les mettre en discussion collective.
A propos de débats, et je le dis sans esprit polémique, le PLUM ne peut se construire avec des hypothèques trop fortes, qui brouillent notre vision d’ensemble. Sans chercher à obtenir votre assentiment à tous dès aujourd’hui, laissons encore un peu de temps au temps, il semble quand même évident que nous ne pouvons continuer à écrire nos documents d’urbanisme avec un grand point d’interrogation sur le devenir de Nantes-Atlantique, et en refusant donc de réfléchir sur le réaménagement de la zone autour d’un aéroport, dont il apparaît pourtant de plus en plus probable qu’il ne bougera pas de sitôt. Je le dis tranquillement : le temps est venu de réintégrer l’aéroport existant de Nantes-Atlantique dans notre projet urbain, de l’améliorer, d’en améliorer les dessertes et les services, le PLUM peut en être l’occasion.