Chef de file du Groupe Écologiste – Solidarité et Territoires sur cette mission, Ronan Dantec interpelle le gouvernement sur l’absence de recherche d’accord politique malgré la grave crise du logement. Voici sa déclaration générale :
« Le logement est au fondement des crises économique, sociale et financière. Quatre millions de personnes mal-logées, 330 000 personnes sans domicile : les chiffres sont connus. Pis : des millions de Français ne vivent pas sur le territoire qu’ils souhaitent. À Nantes ou Rennes, madame la ministre Gatel, le périurbain s’étale, car les centres-villes deviennent inabordables aux classes moyennes. Ce phénomène alimente les rancœurs politiques ‒ la carte du vote RN l’illustre.
Mais si le logement est un enjeu majeur dans les grandes villes et les villes moyennes, nous n’avons jamais aussi peu construit. Or comment débattre sérieusement de la relance de la construction quand,
dans la nuit, on perd 1 milliard d’euros ?
Mesdames les ministres, épargnez-nous la tirade entendue hier sur la responsabilité de la gauche dans la situation financière du pays, prétendument liée à une censure que nous assumons pleinement : nous
gagnerons ainsi du temps. Parlons plutôt de la suppression de la taxe d’habitation, qui a eu un effet direct sur les collectivités territoriales et donc les politiques de l’habitat.
Le logement connaît une crise grave : nous aurions pu trouver là un espace d’accord politique face à l’urgence. Mais ce qu’il est convenu d’appeler le bloc central s’y est refusé.
Les politiques de rénovation sont marquées par le stop and go et les atermoiements. Avez-vous pris la mesure des conséquences des baisses de crédits ?
Ainsi des pompes à chaleur : avec la baisse des aides, elles sont trop chères pour les classes moyennes, qui reviennent au gaz. Résultat : des emplois et une filière d’excellence menacés, comme chez Saunier Duval, tout près de chez moi. Au bout du compte, les coûts sont beaucoup plus élevés que les économies réalisées !
Autre exemple : la baisse de 14 % du budget de la politique de la ville se traduira par une pression accrue sur les collectivités territoriales et la sécurité sociale.
La politique de la ville est utile aussi pour prévenir la délinquance dans des quartiers qui concentrent les problèmes. Si les mesures contre le narcotrafic que
nous voterons dans quelques jours ne s’accompagnent pas de dispositifs d’accompagnement, nous ferons fausse route.
Le GEST ne votera pas les crédits de la mission ».