Monsieur le Président,
Madame la Ministre,
“Je ne souhaite plus que Canal+ travaille avec les gens qui ont signé cette pétition.” Ce propos de Maxime Saada, patron de Canal+ est profondément inacceptable. Il menace, de fait, d’établir une liste noire de professionnels, d’acteurs et réalisateurs devenus indésirables, ce qui ne peut que rappeler les heures sombres du maccarthysme s’attaquant à Hollywood.
Madame la Ministre, vous avez parlé hier de réponse disproportionnée, votre terme est ambigu et inquiétant, ce n’est pas une question de proportion, c’est une question de principe démocratique intangible.
Madame la Ministre, [ma question est précise] : allez-vous rappeler officiellement à Canal+ ses obligations contractuelles de soutien au cinéma français, dans sa diversité, liées au fait d’être détenteur d’avantages de diffusion que nous, la puissance publique, leur accordons ? Allez-vous leur réaffirmer, sans aucune ambiguïté, votre refus absolu de toute ingérence politique dans le choix des œuvres soutenues, dont seules les valeurs esthétiques et culturelles doivent guider la sélection ?
[Allez-vous leur signifier que cela remettrait immédiatement en cause les avantages actuels de Canal+ ?]
Le fait que Maxime Saada vienne au secours du propriétaire de sa chaîne, Vincent Bolloré, contre une tribune qui n’attaquait pas Canal+, mais disait seulement l’inquiétude des professionnels face à la concentration en cours, dit le monde de confusion où nous entrons.
Elle confirme, de fait, l’inquiétude des auteurs de cette pétition, dont il faut saluer le courage, sur les dangers d’un contrôle par une seule personne de toute une filière, de la production à la diffusion. [en passant par la promotion à travers la concentration des médias]
Madame la Ministre [je ne vous demande pas un hommage au dynamisme du cinéma français, vous l’avez déjà fait à l’Assemblée]. Je vous demande juste, de nous dire si l’Etat français est prêt à s’opposer à la prise de contrôle d’UGC par Canal+, alors que les réactions de la galaxie Bolloré contre cette pétition montrent à quel point le danger de cette concentration est bien réel.
